Joe Andoe

Rainbow Road part 2


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"Un jour en 1974, j’avais 18 ans, j’étais dans ma voiture à l’extrême limite de l’est de Tulsa avec mon appareil photo Instamatic, je réalisai à quel point tout était beau.
Je crois n’avoir jamais dépassé cela."

- Joe Andoe

 

Almine Rech Gallery est heureuse de présenter Rainbow Road Part 2, première exposition de l’artiste New-Yorkais Joe Andoe à la galerie. Y figurent exclusivement des peintures récentes, toutes réalisées entre 2017 et 2018.

Telle une suite au film d’Andoe Rainbow Road (2016), l’exposition souligne la stabilité et la ténacité d’un artiste emblématique dont les œuvres n’ont cessé d’affirmer leur actualité au cours des quarante dernières années, en partie grâce à l’énergie prodigieuse avec laquelle il affine sans relâche sa pratique. Le peintre utilise une technique distinctive par laquelle, après avoir apposé une certaine épaisseur de peinture, il en efface l’excès, atteignant ainsi un effet onirique.

Révélant une humilité méthodique dans le choix de ses sujets, Andoe cherche tout simplement des prétextes pour peindre ; notamment dans la représentation récente de ses bords de route, dont la plupart sont situés dans des lieux proches de sa ville natale de Tulsa, Oklahoma, qu’il a peints à partir de Google Street View. Ces bords de route sont bien des endroits spécifiques, mais, qui, dans leur banalité calculée, pourraient tout aussi bien être d’autres lieux. Par exemple, dans l’oeuvre Rainbow Road Plain #2 (2017), une ligne blanche et contrastante divise en deux une bande d’asphalte dans le coin inférieur gauche, tandis qu’une accumulation de traces de peinture suggère simplement l’herbe et des arbres à côté de la rue, réduisant véritablement le bord de la route à une forme pure. Certains bords de route ont des histoires particulières à raconter – tel Rainbow Road 5/25/18 (for JP) inspiré par Jackson Pollock Number 1 (1949). Andoe est cependant moins intéressé par l’illustration d’un récit littéral, quel qu’il soit, que par la pratique de la peinture, et donc lorsqu’il trouve un sujet qui lui offre une ouverture vers la toile, il s’y plonge.

Les bords de route, s’ils ne se conforment pas vraiment à une perspective linéaire, possèdent cependant un sens défini de l’espace, tandis que dans la plupart de ses autres œuvres Andoe place ses sujets dans le vide. Les fleurs et les chevaux émergent d’un champ de peinture monochrome et indéfini, donnant aux œuvres une qualité minimaliste et suscitant une impression de vision réduite chez celui qui les regarde. Andoe a longtemps travaillé en monochrome, décrivant l’effet achevé comme « une grande étendue, un espace clair ». Ainsi Lelie Lee offre à voir un cheval rendu en teintes de gris, semblant flotter, figé à demi-galop, isolé de tout contexte dans une étendue de peinture noire. Autre portrait du même cheval, Leslie Lee 2/13/18 répète la même composition presqu’à l’identique, mais, tandis que les pieds du cheval sont positionnés de façon légèrement différente, la variation la plus sensible entre les deux œuvres se situe dans l’espace négatif autour de la figure, qui montre des signes d’effacement plus manifestes dans la première peinture que dans la seconde. Cette forme d’expérimentation incessante révèle l’attention singulière avec laquelle Andoe n’a eu de cesse de se confronter à un ensemble choisi de défis formels tout au long de sa carrière, approfondissant sa pratique à la poursuite de quelque chose de singulièrement personnel et éloquent.

Les peintures d’Andoe possèdent une qualité intemporelle, et portent la marque d’une insouciance incorrigible. A l’écart du conformisme, et non sans humour, il ne cesse de peindre encore et encore les mêmes sujets, s’opposant aux caprices de la mode et toujours fidèle à sa vision. A la poursuite incessante de la route arc-en-ciel.

- David Willis

 

Joe Andoe (né en 1955 à Tulsa, Oklahoma) vit et travaille à New York. Diplômé d’un MFA de l’Université d’Oklahoma en 1981, son travail a fait l’objet d’expositions individuelles et collectives, notamment aux Daum Museum of Contemporary Art, Sedalia, MI ; Denver Art Museum, Denver, CO ; Bemis Center for Contemporary Arts, Omaha, NE ; Schirn Kunsthalle Frankfurt, Frankfurt ; Longview Museum of Fine Arts, Longview, TX ; Newport Harbor Art Museum, Newport Beach, CA ; et Albright Knox Museum, Buffalo, NY. Son travail fait partie des collections publiques des Metropolitan Museum of Art, New York ; Museum of Modern Art, New York ; Museum of Fine Arts, Boston ; Whitney Museum of American Art, New York ; San Diego Museum of Contemporary Art, San Diego ; Detroit Museum of Art, Detroit ; The National Gallery of Art, Washington DC.