Taryn Simon

Paperwork and the Will of Capital


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La galerie Almine Rech est heureuse d'annoncer la première présentation en Belgique de Paperwork and the Will of Capital, la sixième exposition individuelle de l'artiste américaine Taryn Simon avec la galerie. L'exposition comprendra un ensemble de photographies couleur grand format et des sculptures – un medium que l'artiste n'avait jusqu'à présent pas exploré – montrées pour la première fois à la 56e Biennale de Venise, en 2015.

Les œuvres conceptuelles de Taryn Simon mêlent photographie, texte et graphisme et examinent les politiques de représentation et les questions de production et circulation du savoir. Paperwork and the Will of Capital explore la mise en scène du pouvoir au travers des accords, contrats, traités et décrets établis pour influencer des systèmes économiques et gouvernementaux, de l'armement nucléaire au marché du pétrole en passant par le commerce de diamants.

Pour cette série, Simon s’est inspirée d’une part, d'un ouvrage d'horticulture de George Sinclair, édité au XIXème siècle, qui contient des spécimens de plantes séchées ayant inspiré la théorie de l'évolution de Darwin. De l’autre, l’artiste a travaillé à partir de photographies historiques réalisées à l’occasion de la signature d’accords politiques conclus entre les dirigeants des 44 pays rassemblés lors de la conférence de Bretton Woods (New Hampshire), organisée en 1944 par les Nations Unies.

En explorant ces archives photographiques, l'artiste remarqua que les diplomates étaient systématiquement entourés de compositions florales disposées de façon à symboliser l'importance des signataires et des institutions qu'ils représentaient. Avec l’aide d’un botaniste, Simon a identifié et recréé les bouquets de ces différentes conférences. Cette opération nécessita l’envoi de plus de 4 000 spécimens à l’atelier de l’artiste à New York, en provenance du plus grand marché aux fleurs du monde, Aalsmeer aux Pays-Bas, qui reçoit et distribue quelque 20 millions de fleurs par jour. Ainsi reconstituées, les compositions sont photographiées puis encadrées sur mesure, le cadre en bois d’acajou rappelant le décor des salles de conférence. Les fleurs ensuite séchées, pressées et cousues sur des feuilles d'herbier sont, enfin, présentées aux côtés des photographies. Simon crée ainsi un contraste entre les natures mortes photographiques et les natures mortes sculptées: à mesure que le temps passe, ces artefacts se transforment et révèlent des versions changeantes d'eux-mêmes.   

Paperwork and the Will of Capital invite le spectateur à réfléchir sur l’instabilité et la précarité des décisions politiques. De même que les « bouquets impossibles » de la peinture flamande du XVIIème – ces bouquets dont les fleurs ne pouvaient fleurir naturellement à la même saison et dans le même lieu géographique – chaque photographie est une fantaisie rendue tangible. En mettant ainsi sur le devant de la scène ces compositions florales, aux arrangements floraux, les photographies révèlent les mécanismes de création, de mise en scène et de promotion du pouvoir politique et économique.

Taryn Simon (née en 1975) vit et travaille à New York. Elle est diplômée de la Brown University et a été boursière de la Guggenheim Fellowship. Elle a récemment exposé au musée Garage d'art contemporain, Moscou (2016); à la Galerie nationale du Jeu de Paume, Paris (2015); à la Fondation Louis Vuitton, Paris (2014); au Museum Folkwang, Essen (2013); au Ullens Center for Contemporary Art, Beijing (2013); au Museum of Modern Art, New York (2012); à la Tate Modern, Londres (2011); à la Neue Nationalgalerie, Berlin (2011), et au Whitney Museum of American Art, New York (2007). Son travail fait partie des collections permanentes du Metropolitan Museum of Art (MET), du Museum of Modern Art (MoMA), de la Tate Modern, du  Guggenheim Museum, du Centre Pompidou, et du Los Angeles County Museum of Art (LACMA).