Amelie Von Wulffen

Die Vertschung


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La galerie Almine Rech a le plaisir d’annoncer la nouvelle exposition personnelle d’Amelie von Wulffen, trois ans après son exposition au Centre Georges Pompidou1. L’artiste présentera un ensemble de nouvelles œuvres, peintures, collages et peintures murales.

« Comment se souvenir d’une époque que l’on a jamais connue ? Comment rendre compte d’évènements survenus bien avant sa propre naissance ? Comment analyser une situation qui a existé dans un temps révolu ? Ce sont vraisemblablement certaines de ces questions qui ont amené l’artiste allemande, Amelie von Wulffen, à inventer une technique picturale très particulière qui réponde visuellement à une histoire lacunaire, celle d’une mémoire éclatée. Il s’agit du collage, mais d’un collage qui relève plutôt de la construction que de la déconstruction de l’image, comme ceux que réalisaient Kurt Schwitters, Hannah Höch, Johannes Baader et Raoul Hausmann, pendant les années héroïques du dadaïsme, autour de 1920. » […]

Au début des années 2000, Amelie von Wulffen réalise de grands collages, « qui l’ont fait connaître à un large public. L’inclusion de plusieurs clichés photographiques qui caractérise alors ses travaux sur papier, constitue une technique picturale proche du cinématographique.  Ce procédé lui permet de créer des espaces unifiés qui, à première vue, semblent réels, alors qu’ils réunissent des éléments totalement contradictoires […]. L’élément unificateur est la peinture acrylique, qu’Amelie von Wulffen travaille dans la tradition expressionniste, avec de larges coups de pinceau qui libèrent l’œuvre de la précision de l’image photographique. […]

Que représentent ces images ? Ce sont le plus souvent des photographies prises par elle-même. Les vues d’intérieur, très présentes, sont généralement celles de maisons appartenant à sa famille – comme l’ancienne maison de ses grands-parents. Les objets ont également une provenance familiale. Si leur présence résulte d’un choix esthétique, leur charge historique et émotionnelle est très importante. À travers les tableaux de famille, le mobilier ancien et les objets transmis de génération en génération, Amelie von Wulffen semble vouloir anéantir l’amnésie collective d’une génération qui, une bonne fois pour toutes, a vissé le couvercle sur le pot de la mémoire – en tout cas en ce qui concerne les années trente et quarante du siècle dernier. […] »

Extrait du texte ‘Espionne dans l’espace de la mémoire’ par Jonas Storsve, catalogue de l’exposition ‘Amelie von Wulffen – espace 315’, Centre Georges Pompidou, Paris, 2005

1 Exposition d’Amelie von Wulffen à l’espace 315, Centre Georges Pompidou, Paris (2 mars – 2 mai 2005)