Mark Hagen

Black Swamp


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MARK HAGEN : BLACK SWAMP

March 14 – April 10, 2013

Opening Thursday, March 14 (5 to 8 PM)

Almine Rech est heureuse de présenter la première exposition personnelle de Mark Hagen à Bruxelles. Cet artiste basé à Los Angeles y présentera des peintures et sculptures récentes. Faisant de matériaux communs et utilitaires un usage qui tend vers le monumental tout en s’opposant à l’idée de « monument » — avec sa traditionnelle vénération du pouvoir, son aspiration à la permanence, et son besoin d’illusion et de hiérarchie —, l’oeuvre de Hagen repose au contraire sur les notions de contexte, de contingence, de réalité matérielle et de procédure. Son oeuvre met en question les récits historiques, les façons traditionnelles d’exposer et de contempler l’art, ainsi que les hiérarchies qualitatives conventionnelles qui les accompagnent.

Dans Black Swamp, des enchevêtrements conceptuels reflètent les enchevêtrements plastiques, et des désorientations historiques et spatiales suggèrent des trajectoires alternatives aux sentiers battus. Ses peintures acryliques « moulées » dans de la toile de jute, ses structures métalliques de type « space frame » qu’il a lui-même façonnées, ses blocs de roche volcanique polie, et ses sculptures en ciment qui fonctionnent comme des écrans — oeuvres produites grâce à un mélange de processus contrôlés et incontrôlés, qui agissent comme des tremplins, arènes et cadres rationnels et raisonnables où fleurissent les éléments involontaires, amorphes et pas pratiques — suggèrent un portrait mimétique de l’espace même de la galerie sous la forme d’une telle arène.

Les nouvelles sculptures de type « space frame » que Hagen a lui-même façonnées incarnent l’élément modulaire, reconfigurable, « non orienté » de son oeuvre. Elles jouent un rôle essentiel dans Black Swamp. Se rapprochant d’oeuvres architecturales, ces pièces rappellent l’histoire du « space frame » : cette structure architecturale fut promue par les artistes/architectes radicaux des années 1960 comme Yona Friedman et Constant Nieuwenhuys comme un moyen pour réaliser un nomadisme architectural utopique, mais fut finalement limitée à un usage neutralisé dans le monde de l’industrie et des affaires. Jouant dans l’exposition le rôle de piédestaux et de meubles de séparation, mais faisant également office de constructions encombrantes et gênantes, ces sculptures suggèrent la possibilité d’autres trajectoires historiques tout en contextualisant et élucidant 30 mètres cube d’espace de la galerie (mais qui, une fois démontées, ne remplissent toutefois qu’une seule palette).

Diverses pièces faites de roche volcanique dialoguent avec cette installation de type « space frame ». Découpées dans de grands blocs selon des contours naturels et polies jusqu’à ce qu’elles deviennent hautement réfléchissantes, ces sculptures rappellent l’importance primordiale de l’obsidienne à l’ère préhistorique (d’où sa qualité anachronique) et son délaissement ultérieur comme matériau significatif dans le champ culturel.Faites d’un matériau sans tradition sculpturale continue et associé à la pointe de flèche utilitaire, ces pièces jouent ici autant le rôle de sculptures traditionnelles sur piédestaux que de butoirs de porte utilitaires, leurs surfaces iridescentes évoquant des abstractions sans auteur, autonomes et dérivées de processus.

Exposées ici pour la première fois, on trouvera aussi les grandes peintures de Hagen de style « dalles moulées ». Des dalles plastiques modulables disponibles dans le commerce, des bâches plastiques transparentes et des rubans d’emballage forment ici la « base » de la texture de ce qui devient une analogie des circonstances matérielles de production de la peinture. Celle-ci est versée par l’arrière des toiles de jute et étalée pour produire des dégradés de couleur. Dans ces tableaux on observe à la fois un jeu de séquences linéaires, la nature non répétitive de la gradation ainsi que la répétition et la qualité cyclique du motif.

Mark Hagen est né en 1972 à Black Swamp, en Virginie. Parmi ses récentes expositions, on retiendra la Biennale de Los Angeles au Musée Hammer intitulée Made in L.A. 2012. New. Art. Now. ; Art Basel Miami Beach ; Art Public, au Bass Museum of Art ; et Lost Line : Contemporary Art from the Collection, au Musée d’art du comté de Los Angeles (LACMA). Mark Hagen vit et travaille à Los Angeles, en Californie.