Richard Prince

The Fug


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La galerie Almine Rech est heureuse d'annoncer l'inauguration de The Fug, la première exposition personnelle du célèbre artiste américain Richard Prince à la galerie.

Richard Prince a débuté sa carrière d'artiste en 1970. Membre de la Pictures Generation, il a travaillé aux côtés d'artistes afin d’élargir la portée de la photographie conceptuelle à travers l'utilisation de l'appropriation et de la re-photographie. Tout comme le souligne l'essai de John McWhinnie dans le catalogue de l’exposition, la distinction entre réalité et fiction est souvent ténue, entraînant un questionnement du spectateur tant sur l’œuvre que sur l’identité mythique de l’artiste.

L'œuvre de Richard Prince s’inspire d’éléments caractéristiques de la culture américaine, aussi bien élitistes que populaires. Qu'il s'agisse de “Borscht Belt" jokes (plaisanteries populaires), de motards, de célébrités ou de littérature Pulp, il puise l’essence de son travail dans le coté obscur de la société. Richard Prince s’intéresse à la vulgarité, révélant ainsi les défauts de la culture tels que la misogynie, le consumérisme, l’exhibitionnisme et les désirs idéalisés. Cependant, l’aspect critique de sa démarche se situe dans l’ambiguïté entre compassion et obsession. Prince ne se limite pas au populaire. Il maîtrise aussi bien l'art de De Kooning, Pollock et Picasso, sans parler de la tradition littéraire dans laquelle il excelle. “Il s’approprie une ère et en fait quelque chose qui résonne différemment pour différentes personnes. La beauté de l’art de Richard Prince est qu’il n’est pas limité.", explique Robert Rubin, Commissaire de l’exposition American Prayer à la BNF.

Prince est un collectionneur et un conservateur avide de culture américaine, dite "Americana". En sélectionnant ou en regroupant puis re-photographiant des images extraites de publicités de stylos-plume de luxe, d'ensembles de salons, du cow-boy de Marlboro ou de fausses publicités sorties de leur contexte, Prince élève cette minutieuse sélection au statut d’oeuvres d’art. Les sujets que Prince recycle composent la diversité de son répertoire et constituent ainsi sa palette. Le titre de cette exposition fait par exemple référence au groupe américain The Fugs, créé au début des années 1960. Ce groupe, relativement peu connu, était impliqué dans le mouvement contre la guerre du Vietnam et lié aux groupes alternatifs d’intellectuels de la Beat Generation à laquelle Richard Prince fait aussi allusion dans son travail. Des images de The Fugs sont regroupées dans les oeuvres Untitled (1, 2, 3, 4), dont le format rappelle la série des Gangs.

Les Jokes paintings, que l’on retrouve dans cette exposition en noir et blanc, s’inscrivent dans la lignée de celles réalisées au pochoir par Prince à partir de 1987.

Ces œuvres sont elles-mêmes précédées des Handwritten jokes, produites depuis 1985 et dont l’héritage se poursuit jusqu'aux White paintings et aux reproductions des cartoons du New Yorker.

Les Check paintings quant à elles, furent créées à partir d’une collection de chèques annulés de célébrités, appartenant à l’artiste. Cette série contient également des "jokes", mais Prince pousse le processus plus loin: le support est tapissé de couvertures de livres de poche rappelant sa célèbre série de Nurse paintings du début des années 2000. Les Nurse paintings, témoins de la bibliophilie de l'artiste, font elles-même référence à des œuvres de sa série American English (qui compare les couvertures des premières éditions des États-Unis et du Royaume-Uni afin d’en souligner les différences culturelles) ainsi qu’à la série des Originals (qui compare les illustrations reproduites par l’artiste et les ouvrages eux-mêmes).

Sa série Girlfriends, débutée dans les années 1980, repose sur des autoportraits suggestifs voire explicites de femmes sur des motos, dont les images étaient envoyées à des magazines de moto par ces femmes elles-mêmes. Exhibitionniste par essence, cette série est empreinte d'un regard sur la nature des genres et du désir dans l'Amérique contemporaine. Si ces images ont été montrées individuellement auparavant, les œuvres présentées dans l’exposition rassemblent plusieurs d’entre-elles au sein d’une composition unique. Tout comme Girlfriends, la série Hoods illustre la culture automobile américaine ainsi que le goût personnel de l’artiste pour les voitures. Cette dernière série est également liée aux Gangs qui ont inclus des images de capots de voiture. Les sculptures Hoods sont en effet réalisées à partir de répliques de capots en fibre de verre que l’artiste a commandés en consultant des publicités retrouvées dans des magazines de voiture qui sont ensuite peintes dans des couleurs pastel, évocatrices du Color Field Painting, puis parfois fixées au sol sur des socles carrés.

A l’occasion de cette exposition, la galerie Almine Rech publiera un catalogue intitulé Thirteen Different Ways of Looking at Richard Prince, comprenant un essai de John McWhinnie.

Richard Prince est né en 1949 dans la région du canal de Panama. Son œuvre a fait l'objet d'importantes expositions, notamment au musée d'Art Américain Whitney à New York (1992); au musée d'Art Moderne de San Francisco (1993); au Museum Boijmans van Beuningen de Rotterdam (1993); au Museum für Gegenwartskunst de Bâle (2001), de la Kunsthalle de Zurich au Kunstmuseum de Wolfsburg (2002); à la galerie Serpentine à Londres (2008). La rétrospective Richard Prince: Spiritual America inaugurée au musée Solomon R. Guggenheim en 2007, a voyagé jusqu'au centre Walker Art Center de Minneapolis en 2008. Richard Prince: American Prayer, une exposition sur la littérature américaine et le caractère éphémère de la collection de l'artiste était présentée à la Bibliothèque Nationale de France à Paris au début de l'année.