Calder

Unfolding


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La galerie Almine Rech est heureuse de présenter Calder Unfolding, un ensemble d'œuvres d'Alexander Calder exposées du 13 octobre au 12 novembre 2022. Mondialement reconnu comme l’une des grandes figures du vingtième siècle, Calder (1898-1976) a travaillé un grand nombre de media tout au long de sa carrière. Mettant en lumière la gouache, les bijoux, la sculpture, l'exposition offre une rare occasion d'admirer l'ampleur de l'œuvre de l'artiste.

Unique parmi ses contemporains, Calder a élaboré plusieurs nouvelles techniques au cours de sa vie, la plus célèbre étant le mobile. Donnant forme aux mouvements de l'air – et quoi de plus éphémère ! –, il étonna le monde avec la création de sa sculpture cinétique en 1931. Comme l'écrit le philosophe Jean-Paul Sartre au sujet de son œuvre, “ Il ne s’agit pas d’y jeter un coup d’œil en passant ; il faut vivre dans son commerce et se fasciner sur lui. (...) [Les mouvements des mobiles de Calder] ont une vie propre ”. L’exposition d’Almine Rech présente un mobile suspendu, datant de 1963, composé d'éléments en tôle attachés en cascade à des tiges de fer. Ce mobile, créé à l'apogée de la carrière de Calder, offre une multitude de possibilités de mouvements, de sorte qu’on ne le voie jamais deux fois de la même manière.  

Également présenté dans cette exposition, Puntos Blancos (1955) est un mobile dont les éléments se dressent sur une élégante base métallique. En 1955, Calder fit un long séjour au Venezuela, ayant reçu une commande pour la création d'un plafond acoustique pour l'auditorium de l'Université Centrale du Venezuela à Caracas, conçu par son ami, l'architecte Carlos Raúl Villanueva. La belle courbe de la base en filaments renvoie aux sculptures en fils de fer que Calder avait créées dans les années 1920 et 1930, à l’aube de sa carrière. Des disques en équilibre semblent flotter et créent une musicalité évoquant un corps de ballet, rappelant le projet euphonique qui avait amené Calder en Amérique du Sud.

Outre les sculptures, neuf bijoux seront également exposés. Calder en a créé toute sa vie, dès son enfance lorsqu'il confectionnait des ornements pour les poupées de ses sœurs à partir de bouts de fils de fer trouvés. Dans ce même esprit de générosité, ses créations de bijoux étaient souvent l’objet de cadeaux à sa femme, à ses filles ou à de nombreux amis. Une paire de boucles d'oreilles étonnante en plaqué nickelé (vers 1930) montre sa dextérité à sculpter des fils de fer même de toute petite taille ; une broche audacieuse (vers 1938) fait ressortir des "joyaux" de verre de couleur sur un fond de fils de laiton dentelé.

Autre objet notoire, le peigne à cheveux en figa. Le figa, poing serré entre l’index et le majeur, est un symbole fort de fertilité au Brésil. Ce peigne, qui date d'environ 1948, a sans doute été créé pendant le premier long pèlerinage que Calder effectua dans ce pays (il en fit plusieurs), quand son œuvre faisait l'objet d'expositions personnelles à São Paulo et à Rio de Janeiro. L'antique spirale, autre symbole important de l'iconographie de Calder, revient souvent dans ses bijoux et se retrouve dans nombre de broches, bracelets et boucles d'oreilles exposés.

Un ensemble de gouaches complète l'exposition. Maitrisant magistralement les techniques bidimensionnelles comme tridimensionnelles, l'artiste avait un penchant pour les couleurs franches et les formes puissantes, celles-ci soulignant souvent son engagement envers l'abstraction, comme on le voit dans Untitled (1963), une peinture divisée en deux par de magnifiques aplats de couleurs citrine et tomate, sur lesquels s'ajoutent des globes noirs en détrempe qui semblent flotter dans l'espace tels les éléments d'un mobile. Là encore, la spirale a sa place : cette fois-ci, on la retrouve dans une gouache de 1970. Elle prend la forme d'un serpent enroulé sur lui-même, une image illusionniste qui, plus on la regarde, fait apparaitre un rouet en mouvement. 

— Jessica Holmes, écrivain et critique