Scott Kahn


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Chaque jour, Scott Kahn peint ce qu’il appelle son « journal visuel ». Son parcours est assez inhabituel : il n’a jamais adhéré à aucune des écoles généralement associées à l’art moderne américain (expressionnisme abstrait, minimalisme ou art conceptuel, pour n’en citer que quelques-unes), même si son cheminement personnel l’a souvent mené à croiser cette histoire, de manière synchrone ou asynchrone.

Il y a d’abord la première génération de l’école de New York, qu’il côtoie dans les cours que donne Theodoros Stamos à l’Art Students League, puis les « grid painters », et enfin son choix de la figuration et son installation à Sag Harbor vers la fin des années 1970 : le « journal visuel » de Scott Kahn est ainsi le témoin d’une existence consacrée à la peinture. Il peint d'après nature, selon ses propres termes, mais pas pour autant seulement ce qu’il voit : il parle plutôt de la façon dont toutes les facettes de sa vie alimentent son art. Scott Kahn se voit comme un peintre essentiellement américain, sentiment qu’il trouve par exemple dans l’architecture de la Nouvelle-Angleterre - il aime ses maisons pour leur franchise, leur simplicité, leurs références classiques - et qu’il concrétise en composant des images fondées sur des éléments qui partagent les mêmes qualités primaires, fondamentales, élémentaires : lune et soleil, jour et nuit, ténèbres et lumière.

— Théo de Luca, Auteur, Université de Yale