Barnaby Hosking

First Floor


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Cette exposition réunit trois nouvelles œuvres qui se complètent et interagissent pour fournir une approche de mon travail, de ma sensibilité esthétique et de ma vision d’artiste en activité.

Untitled II est une œuvre aussi abstraite que figurative : le recouvrement du squelette blanc avec de l’argile noire est une création à la fois visuellement surprenante et symbolique de la création et/ou de la mort. À l’obscurité totale succède la révélation d’un squelette externe cependant que la lumière se reflète sur la terre humide. La composante sensuelle évidente qui intervient alors a été voulue, pour le contraste qu’elle présente avec la présentation austère de cette œuvre. La sensualité est omniprésente dans tout mon œuvre, d’abord pour exprimer l’intimité et l’aspect solitaire de mon expérience de la création artistique, ainsi que pour transmettre le désir d’apprécier une beauté extérieure à soi lorsqu’on est seul, silencieux, affranchi de tout souci et de toute distraction. 

L’effet obtenu en couvrant l’écran de velours noir fait en sorte qu’on ne puisse voir l’image que d’un point de vue proche de celui de la sculpture, reliant ainsi les deux éléments et laissant un néant apparent lorsqu’on regarde l’écran selon un autre angle.

Cave Painting (Swildons Hole) m’évoque immédiatement un sentiment d’aventure, mais aussi, et c’est plus important, un sentiment d’évasion, non pas comme lorsqu’on s’échappe de soi-même lors de vacances somptueuses, mais un voyage intérieur, pour faire l’expérience de l’obscurité, du silence et de l’immobilité qui constituent un monde immuable sous l’activité qui règne à la surface. Cette transition entre deux mondes est mise en évidence lorsqu’on pénètre dans les grottes par un trou au pied d’un arbre.

On peut voir dans la descente au fond d’une grotte une métaphore représentant l’expérience de la proximité extrême et de la relation de nature parfois claustrophobe entre l’artiste et son œuvre. Utiliser des pigments naturels prélevés sur les parois de la caverne satisfait mon besoin de savoir où l’œuvre peut résider de façon simultanée : dans la création de l’œuvre, dans l’œuvre elle-même, à moins qu’elle ne demeure quelque part dans cette grotte.

Claude Mirror Sun est à la fois un commentaire sur les procédés visuels que j’emploie dans mon travail et sur l’importance prépondérante de l’attraction magnétique du soleil et de la lumière. Le miroir de Claude, dont celui-ci est une réplique, a été inventé par le peintre Claude Lorrain au xviième  siècle et utilisé entre autres pour atténuer les tons de la lumière vive pour qu’ils puissent reproduire le manque d’éclat relatif de la peinture. Cette œuvre pointe les limites de la peinture pour la représentation de la réalité, mais fait naître en même temps l’idée romantique qu’elle atténue l’aspect cru de la réalité : effet également obtenu par mon utilisation du velours noir dans toute l’exposition.