Adam Helms

Pathos Formula


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Vernissage le 6 septembre 2013, de 14h à 20h


La galerie Almine Rech a le plaisir de présenter Pathos Formula, une exposition de nouvelles œuvres de l’artiste américain Adam Helms. Il s’agit de la première exposition personnelle de l’artiste en Belgique.

Le titre de l’exposition fait référence à l’historien de l’art allemand Aby Warburg. Ce dernier considérait sa « formule du pathos » comme une sorte de marquage visuel ou
d’« anthropologie » des émotions de l’art antique. Dans cette exposition, Helms aborde des thèmes comme l’archivage et l’indexation en créant des groupes d’images et en explorant la manière dont leurs relations contextuelles suscitent une impulsion narrative et un « pathos ». Selon la stratégie de Helms, des images de différents types – tirées d’internet, de magazines ou de films, mais aussi des photographies trouvées, des cartes postales ainsi que des photographies prises par l’artiste lui-même – deviennent étranges et symboliques, leur présence individuelle se trouvant décontextualisée. Le résultat est une quête instinctive de l’identification, de la reconnaissance et de la mémoire.

L’œuvre de Helms s’est essentiellement concentrée sur l’iconographie liée aux représentations et aux symboles de groupes en marge de la société et d’organisations radicales. Les images de Helms deviennent en quelque sorte des archétypes plastiques. Son traitement des images décontextualise les portraits, hérauts et paysages, et les représentations de la violence ou du pouvoir sont transformées en artefacts plastiques qui tiennent à la fois du romantisme et de la subversion. La dimension politique de l’œuvre de Helms est présentée de façon à poser des questions quant aux formes que peut prendre l’identité, sans avoir recours à la propagande ou au dogme. Cette approche trouve sa forme la plus emblématique dans Untitled (48 portraits), une œuvre de 2010 dans laquelle Helms montre des combattants masqués, des guérilleros et des miliciens dans une étude de l’identité et de la représentation archétypale du mâle militarisé. Cette œuvre rappelle les 48 Portraits (1971-72) de Gerhard Richter, dans laquelle ce dernier a reproduit des images d’hommes célèbres du XXème siècle tirées d’encyclopédies. Dans l’œuvre de Helms, les images ont été tirées de diverses sources et dessinées au fusain sur du papier, interrogeant l’anonymat, la distorsion et le côté sombre de l’histoire des identités dans la pièce de Richter.

Dans Pathos Formula, Helms saisit l’impulsion de catégoriser un langage visuel. Les zombies, les « paysages stellaires » et les « mèmes » deviennent les éléments d’une « formule » de la représentation, comme des œuvres d’art créées à partir de matériaux culturels aussi divers que des cartes postales trouvées, d’anciens numéros de la revue LIFE, et des images tirées de films et d’internet. Adoptant une approche quasi ethnographique, Helms utilise cette distance conceptuelle pour se servir du matériau de source pour générer des œuvres qui reflètent des qualités émotionnelles complexes. Partant d’un travail explicitement figuratif, Helms applique de nouvelles approches et de nouveaux formats à des matériaux semi-industriels, des sérigraphies et des dessins au fusain sur feutre, un caisson lumineux autonome (« Pathos Fields »), des sérigraphies et des œuvres au fusain sur lin, ainsi que des dessins sur papier montés sur panneaux. Vus collectivement, les divers processus de production utilisés par Helms ont quelque chose d’hiéroglyphique, apparaissant comme une série de symboles plastiques au sein de récits voilés plus larges.

Adam Helms est né en 1974 à Tucson, en Arizona. Il vit et travaille aujourd’hui à New York. Il a reçu le Rema Hort Mann Foundation Visual Grant Award et le Louis Comfort Tiffany Foundation Award. Il a été artiste en résidence à la Chinati Foundation de Marfa, au Texas. Son œuvre a été exposée au Walker Art Center de Minneapolis, au Kemper Museum of Contemporary Art de Kansas City, au New Museum of Contemporary Art de New York, et aux Musées Solomon R. Guggenheim de New York et de Bilbao en Espagne. L’œuvre de Helms est incluse dans les collections du Walker Art Center, du Whitney Museum of American Art, du Musée Solomon R. Guggenheim et dans la Collection Dakis Joannou.