Peter Peri

Last Family


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Après une exposition à la galerie de Paris, la galerie Almine Rech est heureuse de présenter la première exposition de Peter Peri à Bruxelles : 'Last Family'.

A cette occasion, l’artiste présentera une sélection de dessins, peintures et sculptures récents. Ces œuvres seront exposées dans les trois pièces de la galerie et exploreront des notions comme l’empathie, l’intuition et l’autodissolution.

Pour Peter Peri, de telles notions peuvent être inhérentes à l’expérience de l’art : ses œuvres suggèrent, mais ne se limitent jamais à une entité extériorisée, une intelligence incarnée qui interpelle le spectateur, même lorsque l’œuvre est apparemment quasi abstraite. La nature de cette confrontation est déterminée par diverses influences qui nourrissent l’œuvre de l’artiste. Il s’est notamment inspiré des écrits de l’auteur russe de science-fiction, Ievgueni Zamiatine, et d’une illustration datant du XIXème siècle qui représente la dernière famille sur la planète Terre – on y voit un petit groupe formé par des squelettes blottis les uns contre les autres dans un monde futur où le soleil s’est éteint et la terre est glaciale. Cette image est présente en filigrane dans les nouvelles 'Skeleton Paintings' de Peri. Des ombres spectrales se révèlent au travers des couches successives de peinture qui dévoilent le processus et les histoires personnelles des œuvres, et les imprègnent ainsi d’un sentiment précaire de vie.

On retrouve aussi les références au modernisme qui caractérisaient les œuvres de Peri à ses débuts. Le grand-père de l’artiste était un constructiviste, et l’art de Peri, imprégné de noirceur, établit régulièrement un parallèle entre le manque de visions utopistes au XXème siècle et les effacements présents dans son œuvre. La psychologie existentielle a également exercé une influence importante sur son œuvre.  Les notions d’espace sombre et obstrué utilisées pour décrire la schizophrénie – une forme d’autodissolution – trouvent écho dans les peintures de Peri, dans ses dessins (dont certains sont directement inspirés de ceux tirés de la recherche psychologique), et dans ses sculptures marquées par l’opposition et l’affrontement. Dans l’art de Peri, cette autodissolution est à envisager à la fois comme contexte pour comprendre comment on peut établir un rapport à l’art – comme processus d’empathie et d’intuition, un terrain d’entraînement – et aussi comme une manière pour l’art d’accepter les échecs du modernisme sans renoncer à la géométrie et à l’abstraction (ou, dans la peinture de Peri, aux vertus de l’improvisation). Dans ses dernières œuvres, les récits modernistes commencent à s’estomper et le spectateur rencontre une altérité construite. Lorsqu’il évoque ce qu’il trouve profond et émouvant dans l’art historique, Peri parle d’ « une clarté vierge qui bascule dans l’autodissolution », et c’est ce qu’il poursuit dans ses œuvres actuelles.

— Martin Herbert

Peter Peri est né en 1971 à Londres, au Royaume-Uni. Ses expositions personnelles comprennent 'Country 10', Kunsthalle Basel (2006);  et 'ART NOW', Tate Britain, Londres (2007). Ses pièces ont été montrées dans de nombreuses expositions collectives internationales : Hayward Gallery, Londres (2006); Kestnergesellschaft, Hanovre (2008); CCA Andratx, Majorque (2009) ; Saatchi Gallery, Londres (2010) et MONA, Hobart, Australie (2012). Son œuvre est conservée dans des collections privées et publiques, notamment la Tate Collection, le Victoria & Albert Museum et l’Arts Council of Great Britain.

Traduction Patrick Lennon