Don Brown

Don Brown


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Lorsque l’on est confronté pour la première fois au travail de Don Brown, on est d’abord saisi par une double perception qui oscille entre une forme historique, la statuaire, et ce qu’elle représente : une femme d’aujourd’hui.

Visiter une exposition de l’artiste, c’est un peu comme arpenter une archéologie du futur. La qualité de la réalisation de ces sculptures renvoie inévitablement aux techniques utilisées à l’époque gréco-romaine ou au néo-classicisme italien, ainsi qu’à sa muséographie constituée de socles.

Mais en y regardant de plus près, certains détails anachroniques viennent perturber cette première sensation. Hauts talons, lunettes de soleil ou vêtements à la mode affichent clairement leur appartenance au XXIe siècle.

Pour sa première exposition à la galerie Almine Rech de Bruxelles, les sculptures de Don Brown ont été produites dans une plus grande échelle qu’habituellement, comme si l’artiste avait été influencé par le volume du lieu.

Les questions d’échelles sont essentielles dans le long processus d’élaboration de ces oeuvres. L’artiste, au départ, modèle de façon très précise une petite statuette d’argile qui servira de prototype à un moule beaucoup plus important. Après la première phase d’agrandissement et de polissage, les sculptures sont ensuite produites à partir d’acrylique composite, en bronze ou encore mais plus rarement en argent. Le processus de création dure quelques mois, et les pièces composites sont ensuite recouvertes d’une couche finale de gesso.

En parallèle, depuis des années, Don Brown photographie ses œuvres sur un fond blanc pour documenter son travail et faire ressortir certains éléments qu’il entrevoit mieux de cette façon. Peu à peu en agrandissant ses tirages couleurs réalisés à la lumière du jour, il découvre dans la représentation plane d’un volume, un aspect autonome à la fois fort et subtil : «C’est comme si tout était concentré en une seule vue et que la surface était ininterrompue» (D.B.). Pour la première fois, l’artiste présente dans une exposition des grands formats de ces photographies qu’il considère désormais comme des œuvres à part entière.

Le projet « Yoko » c’est donc un ensemble complexe de sculptures, de dessins et de photographies qui dialoguent dans la répétition autour d’un sujet unique : la représentation de la muse de l’artiste. Le rythme de production et la perfection des œuvres de Don Brown restent ceux de la sculpture classique, une époque où les artisans passaient leur vie entière à polir un seul ouvrage à la main. C’est le fantasme artistique du chef d’oeuvre ultime et c’est sans doute cela qui fascine les plus grands fans et collectionneurs de Don Brown.

Don Brown est né en 1962 dans le Norfolk en Angleterre. Il a étudié à la Central School of Art, (1983-5) ainsi qu’au Royal College of Art (1985-8) à Londres. De nombreuses expositions personnelles lui ont été consacrées à travers l’Angleterre et l’Europe notamment au Consortium de Dijon en 1997. Don Brown a également participé à une série d’expositions collectives telles que SNAP: Art at the Aldeburgh Festival à Snape Maltings, Suffolk, GB (2011), Crucible à Gloucester Cathedral, Gloucester, GB (2010), In the darkest hour there may be a light à la Serpentine Gallery en 2006 ou The Naked Portrait (1900-2007) à la Scottish National Portrait Gallery à Edimbourg en 2007. En 2012, son travail sera exposé aux côtés de La petite Danseuse de Quatorze Ans (1880- 81) de Degas au Holbourne Museum, Bath, UK. Plusieurs de ses œuvres sont conservées dans des collections publiques et privées telles que la Tate Collection à Londres, le Sheringa Museum of Realist Art à Spanbroek dans les Pays-Bas, la Olbricht Collection à Berlin ou encore la collection du MoMA à New York. Il vit et travaille actuellement dans le Suffolk en Angleterre.

© Nicolas Trembley