Matthieu Ronsse

towerplace


Download

La galerie Almine Rech est heureuse de présenter la seconde exposition personnelle de l’artiste belge Matthieu RONSSE  à Bruxelles.

Ce qui frappe en premier dans le travail de Matthieu Ronsse, c’est la maitrise remarquable de son pinceau et la façon presque désinvolte avec laquelle il sélectionne ses matériaux et dispose de ses œuvres. En effet, la technique de Ronsse rappelle le talent des maitres de la peinture classique : Van Eyck, Rembrandt, Gréco, Cranach, Velázquez, Renoir, etc. Mais,  il ne se cantonne pas aux matériaux classiques et ne veut rencontrer aucune limite matérielle ou encore temporelle.

Avec des supports allant de la toile au gyproc ou encore au carton, l’artiste, semble y avoir déposé, outre ses portraits ou ses paysages, tout ce qui lui est passé sous la main : terre, bois, vernis, pigments, laques industrielles, papier, ou encore déchets, poussière.. Ainsi, comme le souligne Tanguy Eeckhout, chez Matthieu Ronsse, « la  signification du travail ne se laisse pas réduire à établir un rapport entre les images ou à chercher pourquoi l’artiste a fait certains choix ». Si d’une part il est simple d’admirer les œuvres de Matthieu Ronsse, il est autrement plus difficile d’analyser les peintures une à une.

« Je n’aime pas trop les interprétations, j’adore avant tout les images qui stimulent l’imagination par leur complexité. J’ai eu du mal avec les grands maitres pendant un certain temps. Ils me fascinaient énormément mais je ne savais pas comment les intégrer à mon travail. Maintenant ils s’intègrent dans une composition, comme des espèces d’objets, sans prendre trop d’importance, presque comme un cheval de Troie », explique l’artiste.

Il s’agit d’un travail intuitif, spontané. Les sujets initiaux sont rarement ceux qui finiront exposé au mur ou sur le sol d’une des expos de l’artiste. Ces couches reprennent donc différents états de l’artiste ainsi que des lieux : son atelier, son jardin, les murs d’une maison d’amis, etc.  Chaque œuvre peut témoigner du temps et de la minutie que l’artiste a pu lui consacrer tout comme des atteintes qu’il lui a fait subir : réviser, découper, retravailler, mélanger, assembler, voire même déchirer sont pratiques courantes dans son œuvre. Toutes les pièces de Matthieu Ronsse sont amenées à êtres changées, transformées, obscurcies et ce jusqu’au dernier moment, tendant vers  l’iconoclasme, voire le refus de la perfection.

Pour ‘Towerplace’, la Galerie Almine Rech, a mis à disposition son showroom à l’artiste qui en une nuit l’a transformé en un univers propre, un atelier où le temps semble s’être arrêté. Des toiles cachées sous un tapis, des débris de bouteilles et de verres de vin, quelques traces d’un diner sur le pouce bien arrosé.  L’artiste offre un concentré où la frontière entre maitrise et chaos est constamment remise en question. Avec cette façon disparate de présenter ses peinture, parsemées d’objets du quotidien, Ronsse a chargé l’espace d’obstacles plongeant ainsi le visiteur dans l’intuition plastique de l’artiste.

Matthieu RONSSE est né en 1981 à Courtai (Belgique). Il vit et travaille à Mullem. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions en Belgique et à l’étranger, notamment au SMAK (2003) ; Museum Dhondt-Dhaenens (2006) ; Marta Herford Museum (2006) Cultuurcentrum Mechelen (2007) ; MKM Museum Kuppersmühle (2008) ; Bonner Kunstverein (2010).